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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 17:02

 

 

LE RETOUR ANNONCÉ DES FARINES ANIMALES

L’affaire se déroule dans les coulisses de la Commission européenne. Nous sommes en 2007. Voilà déjà 15 années que l’on interdit en Europe l’usage des farines animales pour l’alimentation des bœufs, des poissons, des poulets… Les industriels du secteur en ressentent durement les effets dans leurs comptes d’exploitation.

Les professionnels de la filière "viande" ont trouvé deux nouveaux arguments pour convaincre les parlementaires et les fonctionnaires de Bruxelles de revenir sur cette interdiction : l'écologie et la situation économique des éleveurs.

L'écologie d'abord : tous ces rebuts animaux impropres à la consommation que l'on vendait autrefois sous forme de farines doivent désormais être détruits. Rien n'est organisé dans ce domaine et le risque est grand de voir se développer de véritables charniers, réservoirs de maladie, et dangereux pour les nappes phréatiques.

Les éleveurs ensuite : empêchés d'acheter des farines animales, ils commencent à dire qu’ils ne peuvent plus nourrir à peu de frais les poulets et les poissons d’élevage avec des produits exclusivement d’origine végétale. On est en 2007, le prix des tourteaux de soja chinois et brésiliens vient d’augmenter de 100%...

Avant la crise de la vache folle on consommait en France 500 000 tonnes de farines animales par an. Depuis, les ventes se sont effondrées. Les lobbyistes de l’agro-alimentaire s’activent donc pour faire entendre raison aux parlementaires et aux fonctionnaires. Le processus de réintroduction des farines animales a commencé…

Petit à petit, le vautour fait son nid

En 2008, la Commission rouvre officiellement le dossier des farines animales dans le cadre des discussions autour de la PAC.

En 2010, à l’occasion d’une communication au Parlement, les fonctionnaires de Bruxelles évoquent officiellement le sujet en soulignant les précautions qui devraient accompagner un éventuel assouplissement.

En juillet 2011, le Parlement européen adopte une résolution « non législative » en faveur de la levée graduelle et partielle de l’interdiction d’utiliser des farines animales dans l’alimentation des animaux de ferme et des poissons.

En décembre 2011, c’est le Conseil National de l’Alimentation, dépendant du ministère de l’Agriculture, qui rend un avis favorable…

Depuis, on n’a pas de nouvelles, mais on peut parier que le dossier continue son chemin, dans les méandres des institutions européennes.

On ne favorisera pas le cannibalisme, c'est promis...

Bien évidemment, tout cela est mené dans la plus grande discrétion. Car l’affaire a de quoi inquiéter : il s’agit tout bonnement de réintroduire les farines animales non pas chez les bovins, certes, mais cette fois pour l’alimentation despoissons dans un premier temps puis dans un second temps des porcs et des volailles. Rien de moins !

Afin de ne pas effrayer les consommateurs, les FVO (farines de viande et d’os) ont été rebaptisées « PAT », pour « protéines animales transformées ». « Pure poésie » comme l’a écrit le Canard Enchaîné.

Cette fois, la Commission l’assure : on ne favorisera pas le cannibalisme animal puisque un animal ne pourra pas être nourri avec des farines de son espèce. Les poissons auront donc du porc ou de la volaille au menu (ce qui, convenons-en, est tout à fait naturel…), les porcs de la volaille, et ainsi de suite...

Et bien sûr, la commission assure aussi qu’il sera interdit d’utiliser un animal malade pour constituer une farine destinée à en nourrir d’autres. Ouf !

Quant au CNA, il rappelle à qui veut l’entendre qu’il existe « des besoins croissants en protéines pour l’alimentation animale » ainsi que de « probables avantages environnementaux » et que « les conditions ayant conduit à l’interdiction des PAT dans l’alimentation des animaux destinés à la consommation humaine ne sont plus d’actualité ». Et de faire remarquer que de toute façon les Européens consomment des aliments importés, notamment d’Amérique du Sud, contenant des farines animales…

Procédures de contrôle : les dessous de la négociation

Pour la sécurité des consommateurs, plusieurs outils de contrôle devraient accompagner la mise en œuvre de cette mesure.

Voilà ce que la filière "viande" a accepté de mettre en oeuvre et de financer :

- ne pas élever et traiter plusieurs espèces animales dans un même lieu.

- se soumettre à des contrôles à chaque étape de la chaîne de production.

- respecter un système d’étiquetage strict.

Les institutions, de leur côté, se chargent de mettre au point des tests permettant de différencier les "protéines animales transformées" issues de ruminants (bovins, ovins) et de non-ruminants (porcins, volailles, poissons) afin d’éviter les contaminations. 

Une raison purement économique, comme d’habitude

Quelle mouche a bien pu piquer la Commission européenne ? Cette mesure, en fait, n’a qu’un mobile économique et financier. Comme souvent...

Nos éleveurs en auraient par dessus la tête de gaspiller des carcasses si précieuses et d’être obligés d’acheter du soja, parfois transgénique, à prix d’or pour nourrir leurs bêtes. Une tonne de tourteau de soja coûte plus de 300 euros, soit 10 fois plus qu’une tonne de protéines animales transformées. La mesure aurait donc pour principal intérêt de réduire le coût de l’alimentation des bêtes et de redonner un peu de compétitivité à une PAC en mal de profits. Pourtant, le CNA, qui n’en est pas à une approximation près relève « un avantage économique variable, voire incertain, selon les secteurs ».

Le prion : une invention des Trente Glorieuses

Un peu d’histoire : c’est au sortir de la guerre, en 1945, que l’utilisation des farines de viande et d’os dans l’alimentation du bétail a pris son essor. Pour des raisons, déjà, purement économiques. En transformant les vaches en cannibales, l’agriculture a trouvé avec les FOV un super carburant pas cher de nature à faire tourner ces usines à lait et à viande. Agriculture et élevage intensifs ont fait les beaux jours des Trente Glorieuses…

Mais la facture est finalement très salée. A la hauteur du procédé : pour fabriquer ces farines animales, on récupérait les carcasses des abattoirs mais on y incluait aussi des animaux trouvés morts ou des saisies sanitaires.  Le tout était chauffé, déshydraté et dégraissé pour obtenir une farine. Mais ce procédé abominable s’est révélé insuffisant quand le prion fou est apparu : la chaleur, insuffisante (d’autant qu’au fil des ans, certaines étapes de chauffage ont été supprimées) ne le désactivait pas.

Ni une bactérie ni un virus mais une simple protéine

Souvenons-nous : entre 1986 et 2000, l’épizootie de la Vache folle ou ESB, encéphalopathie spongiforme bovine (spongiforme car le cerveau devient comme une éponge…), partie d’Angleterre, a infecté près de 200 000 animaux. Les abattages de troupeaux sont devenus systématiques. Rien qu’en 1992, au plus fort de l’épidémie, il avait fallu abattre 37 000 bovins en France ! Les farines ont été interdites, et une véritable traçabilité de la filière de la viande a été instaurée. La transmission de la maladie à l’homme a donné naissance à une nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt Jakob. A l’origine : le prion, un nouvel agent pathogène. Ni une bactérie, ni un virus mais un agent d’un genre nouveau : une simple protéine, faite d’acides aminés. Scientifiquement imparable... médicalement insaisissable. 

Notre corps pullule de prions sains

Nous avons tous des prions en nous, ils jouent notamment un rôle physiologique au niveau des membranes des neurones – on ne sait d’ailleurs pas très bien lequel – et participent à la myéline, cette sorte de gaine de protéines qui entoure et protège nos nerfs. Mais ce prion là, en cause, n’est pas un prion ordinaire : c’est la même molécule mais qui présente une conformation anormale comme l’a découvert l’Américain Stanley Prusiner. Cette protéine anormale, en « cannibalisant » ses consoeurs et en s’agrégeant, forme des plaques et provoque chez les bovins et les humains une infection dégénérative du système nerveux central. Un peu comme dans la maladie d’Alzheimer, à la différence notable que celle-ci n’est pas transmissible de cerveau à cerveau… 

Une chèvre folle

Dès 1990, on s’est aperçu que les prions franchissaient la barrière des espèces : cette année là, un chat anglais fut atteint, une centaine de cas d’encéphalite spongiforme féline suivront. L’ESB a contaminé des antilopes dans des zoos anglais et d’autres ruminants sauvages, ainsi que des fauves (lions, tigres…). Plus récemment, en 2005, c’est une chèvre folle qui a été découverte… Bien que les porcs ou les volailles n’aient pas encore été touchés (sauf en laboratoire où l’on a vérifié que la maladie était transmissible au porc, ce qui a été le cas), aucune espèce, à vrai dire, ne semble à l’abri…

Dans les affres du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob…

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici ce qu’est la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) telle qu’elle est apparue à la fin des années 90 chez l’homme. Contrairement à la MCJ « normale », dont la prévalence est comprise entre 1 et 1,5 cas pour un million, la nvMJC due à la vache folle atteint des gens plus jeunes, en moyenne de 29 ans contre 65 ans pour la maladie classique. La durée de vie de la personne atteinte n’est que de quelques mois. 

Les premiers symptômes sont des troubles neuropsychiatriques, parfois suivis d’une dépression brutale, d’une profondeanxiété ou d’une phobie sociale. Le malade est très fatigué et ressent souvent des douleurs insoutenables puis les troubles neurologiques s’aggravent. Il perd la mémoire et le sens de l’orientation, son comportement devient anormal. A la fin, il ne parvient plus à coordonner ses mouvements qui deviennent brusques et involontaires et il finit par décéder de cette maladie contre laquelle on n’a trouvé aucun moyen curatif.

Toutes nos anciennes techniques de lutte contre les agents infectieux semblent inefficaces contre cette minuscule chose qui n’est même pas considérée comme vivante (elle ne possède ni ADN ni ARN) !

Début 2009, on estimait que la maladie avait fait 215 victimes en Europe, pour l’essentiel en Grande-Bretagne. En France, 25 cas ont été répertoriés. Mais on ne sait pas combien de victimes fera au total cette invention humaine à terme car la durée d’incubation chez l’homme est très variable et mal connue. Les scientifiques sont aussi incapables d’expliquer comment le prion pénètre dans les nerfs.

On ne retiendra jamais les leçons de l’histoire

Bien sûr, des experts de tous bords nous disent que l’idée de la Commission européenne ne présente aucun risque. A commencer par l’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), qui conclut dans un rapport de 2011 que « l’augmentation du risque d’infection par l’ESB n’est pas significatif » et donc que la réintroduction des farines de porcins et volailles ne représente pas de risque pour la santé publique. 

Ces experts ne sont pourtant pas tous d’accord, loin de là.

  • Au Royaume-Uni, pays d’où est partie la crise de la vache folle, la Food Standard Agency (FSA) a refusé son aval à la levée du « Feed Ban » pour les protéines animales transformées de volailles et de porcins. L’agence britannique juge en effet le rapport bénéfice-risque « disproportionné ».
  • Dans le même sillage, les experts de l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, ont rendu un avis défavorable sur ce projet fin 2011, estimant que « les conditions (de sécurité) ne sont pas, à ce jour, totalement réunies ».
  • Dans un rapport de 2007, les chercheurs de l’INRA (Institut national de recherche agronomique) alertaient sur « le risque de réémergence de la maladie qui pourrait résulter d’une ré-autorisation des farines animales pour l’alimentation des espèces monogastriques (dont font partie cochons et poulets), sans mesures drastiques destinées à contrôler le risque de contamination croisée entre les aliments ».
  • Même le ministre de l’agriculture d’alors, Bruno Le Maire, s’y est dit opposé en affirmant vigoureusement : « Aujourd’hui, je constate que l’on ne nous donne pas de certitude (…) personne ne m’écrit noir sur blanc que cela ne pose aucun problème de sécurité sanitaire pour les Français. » 

Mais comme le progrès, on n’arrête pas l’Europe ! Et l’on ne peut certainement pas compter pour nous protéger sur nos politiques, otages faciles du système économique, ou sur le Commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs, le Maltais John Dalli. L’homme, réputé favorable aux OGM, traîne derrière lui un sulfureux parfum de corruption…

La maladie des cannibales

Si les choses continuent ainsi, les cochons mangeront un jour du canard, les poulets du porc. Pas grave si l’on en croit cet expert vétérinaire qui déclare péremptoirement dans la revue Pour la Science que, « si une carcasse est déclarée propre à la consommation humaine, ses restes sont également bons pour les animaux domestiques ». Voire…

Cette nouvelle lubie financière se paiera aussi au prix fort. On ne viole jamais la nature sans conséquence.

A l’origine, le recyclage des déchets animaux est un bon principe écologique. On le pratiquait dans les fermes lorsqu’on donnait aux porcs voire aux volailles les restes des repas humains. Mais pratiquée intensivement à l’échelle industrielle, cette perversion alimentaire ne peut nous conduire qu’au pire.

C’est le cannibalisme imposé, rappelons-le, qui a entraîné la diffusion de l’agent de l’ESB en Europe. Aussi sûrement que le cannibalisme des Papous de Nouvelle Guinée a donné naissance au kuru, une maladie provoquée elle aussi par le prion et découverte dans les années 50. 

Et je suis personnellement convaincu que le prion, chez l’homme, a provoqué bien plus que des cas de Creutzfeldt Jakob. On ne le saura probablement jamais mais rien ne dit qu’il n’ait pas favorisé d’autres maladies neuro-dégénératives en pleine expansion telles que la sclérose en plaques, affection touchant typiquement la myéline, ou la terrible maladie de Charcot, sclérose latérale amyotrophique. Voire Alzheimer… Ça on ne nous le dira jamais bien sûr.

Signons tous cette pétition

En fait, personne ne sait vraiment où cette mesure, si elle est politiquement soutenue (ce qui est déjà le cas en coulisses), va encore nous mener. Et encore une fois, l’Europe fait fi du principe de précaution. Des dérives, quoi qu’on en dise, il y en aura, si cette mesure passe au niveau de l’Europe des 27. Il y en aura d’autant plus facilement que les procédures de sécurité annoncées, apparaissent d’ores et déjà incontrôlables. Bonjour l’étiquetage et la traçabilité de ces viandes… Et la sécurité alimentaire qui avait été améliorée grâce à la crise de la vache folle sera à nouveau sur la sellette. 

La décision de lever ou non cette interdiction devrait être prise, selon les observateurs les plus attentifs, d’ici 2015. C’est un énorme scandale qui se profile. Il est encore temps de réagir, d’autant que l’avis de nombreux Etats membres n’a pas encore été exprimé officiellement. C’est en effet un casse-tête politique : comment faire avaler cette nouvelle pilule au consommateur européen sur un sujet aussi grave sans risquer de se compromettre politiquement ? C’est bien ce qui explique la politique des petits pas de nos technocrates européens qui misent là sur le temps et une réintroduction en douceur des farines animales pour redorer le blason de l’agriculture commune face aux Etats-Unis et à la Russie… Une politique des petits pas qui en rappelle une autre : celle de la position européenne sur les OGM !

  • Si comme moi vous ne voulez pas voir apparaître de « poulet fou » ou de « porc fou »,
  • si, comme moi, vous ne voulez pas manger un jour sans le savoir du porc nourri aux farines de carcasses de poulets et finalement attraper je ne sais quoi, 
  • si comme moi vous dénoncez ce type de pratiques contraires à la nature, 
  • si comme moi vous redoutez cet immonde commerce de protéines animales, 
  • si comme moi vous refusez catégoriquement toute levée partielle de l’interdiction des farines animales en Europe dix ans à peine après une crise dont on a pas encore pris toute la mesure, 
  • si comme moi, vous estimez qu’il est grand temps d’afficher la plus haute vigilance et de se mobiliser, cliquez ici pour voter pour une pétition en ligne contre la réintroduction des farines animales et empêcher que de nouveaux drames se produisent.

Et si, comme moi, vous voulez signer la pétition, rendez-vous ici.

D'ici là, prenez soin de vous. À jeudi prochain.

 

Dominique Vialard

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Encéphalopathie_spongiforme_bovine 

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-farines-animales-faut-il-les-reintroduire-27230.php   

http://www.slate.fr/47057/retour-farines-animales 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/04/26/18086-vache-folle-californie-il-faut-rester-vigilant 

http://www.alcimed.com/html/fr/farines-animales-feed-ban 

 

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Published by Les Clefs de la Santé
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